Maurice Herbet

Dans le n°5 (novembre 1976) de l'organe de diffusion d'information du Comité de la Somme , le dirigeant Maurice HERBET se remémore ses souvenirs de Basket...
 
Maurice HERBET fut Président de la Commission des Jeunes à la Ligue de Picardie de 1966-67 à 1969-70 puis Président de la Commission technique du Comité de la Somme en 1972 et 1973.

« Je vais évoquer les souvenirs de mes contacts avec le monde du basket, au cours des décades écoulées, avec un peu de mélancolie, mais sans regrets, car tout le temps et les efforts qui lui furent consacrés, me furent rendus au centuple par les satisfactions morales et autres, et par les bienfaisants contacts avec les joueurs de tout âge et les autres dirigeants.

Peut-être, et c’est souhaitable, ces réminiscences amèneront-elles d’autres dirigeants, plus anciens et plus qualifiés que moi, à prendre la plume à leur tour.


Mon premier souvenir de basket remonte à plus de 50 ans (en 1976). Je n’étais pas basketteur, mais je me rappelle une rencontre des anciens élèves de l’école du Boulevard de Bapaume, ou j’y avais des camarades. Les règles étaient bien plus simples et le jeu bien moins technique. Une de ces règles me surprenait, celle du 2 contre 1, ou un seul joueur pouvait attaquer le porteur du ballon… A ce moment-là, on ne parlait pas encore de blocage.


Il y eut ensuite une longue période ou je pratiquai d’autres sports, et par bonheur, en 1945, Je passai du service SNCF Traction au service Education & Jeunesse, ou une place de moniteur m’était offerte à Ermont (Seine & Oise). Ce grand centre bien équipé et dirigé de main de maître par Mr Defarges, hébertiste pratiquant, offrait de nombreuses activités et le basket à l’Association Sportive du Collège d’Athlètes d’Ermont y avait une place notable dans le championnat de Paris. Episodiquement, je fus amené à assister aux matches et aux séances d’entrainement. Je fus étonné du profond changement de ce sport, à son avantage, car il était devenu plus rapide et plus technique.


Depuis… Les pontes et super techniciens du basket national et international nous ont donné l’habitude des changements quadri annuels de règles de jeu, de gestes techniques, de forme de terrain … Faut suivre !

Peu à peu, je me mis au courant de ses finesses, car tout en m’occupant principalement du football, j’étais amené à faire jouer les jeunes en tant que moniteur et il fallait être au courant. Déjà, à cette époque, dans la région parisienne, de nombreux matches se déroulaient en salle. Ermont venait d’avoir la sienne grâce aux efforts de Mr Defarges. Les installations n’étaient pas toujours parfaites, ainsi je me rappelle en banlieue, vers Gennevilliers je crois, d’une salle si courte que, lorsqu’un joueur emporté par son élan, dépassait la ligne de fond il disparaissait par une porte pour éviter un contact trop rude avec le mur du fond qui touchait le panneau, c’était assez cocasse !


Je me souviens également d’un incident : nous devions jouer un match de Coupe de Paris, sur un des nombreux terrains couverts de la Porte de Versailles, installations servant le moment venu pour la Foire de Paris. La ville de Paris était représentée par un gardien. En réalité, notre rencontre n’était pas inscrite au planning, mais nous espérions nous glisser en douce… Notre match commença dès que ce fut possible, mais nous étions les derniers à jouer après 22h et le gardien vint nous interpeller, nous essayâmes de faire la sourde oreille puis de l’attendrir mais celui-ci tenait tête et eut le dernier mot car il éteignit la lumière malgré nos protestations véhémentes. Discussions dans le noir, entêtement du préposé, refus définitif, il fallut renoncer puis s’habiller à tâtons dans le noir et remettre le match à un autre jour.

Nous participions à un championnat de niveau régional et déjà notre voisin Franconville commençait à gravir les échelons et à nous regarder de haut, mais au prix du renoncement à un amateurisme intégral connu. Nous le pratiquions à l’ASCA Ermont et cet esprit permet plus de liberté et de franchise dans les rapports du club. Il est certain qu’à partir d’un niveau national, les nécessités de l’entrainement de la technique et de déplacements ne permettent plus ce désintéressement, mais il faut avoir la franchise de l’admettre.


Après 10 ans passés à Ermont, ma carrière m’amena en 1955 à Amiens pour remplacer Mr AERNOUTS muté à Arras. Je reprenais là une lourde tâche car l’USC Amiens était une société bien structurée et dynamique ou Aernouts et son équipe de dirigeants avaient fait du bon travail, dans tous les sports, mais était arrivé au plus haut niveau en basket-ball.


Il y avait de nombreuses équipes de toutes catégories : masculines et féminines qui avaient un bon rang dans les compétitions départementales, régionales et même nationales puisque l’équipe Juniors avait accédé à la finale de la Coupe de France.

Ces jeunes avaient été formés au club et y étaient attachés. De cette formation, qui était l’espoir du club, je peux citer : RACINE, DUCELLIER, PICART, BIGUET, MORTIER, HEDIN, DEBLICEK, PRINCE, BALAVOINE et autres… et j’en oublie, ce dont je m’excuse.


Pour prendre la succession et mener le club à ce même niveau, il me fallut aller « à l’école » au sens figuré et se mettre dans le bain, ce que je fis avec l’aide de Julien AERNOUT et des dévoués dirigeants. Je fus vite admis dans le cercle.


Pour mes débuts, je me souviens notamment d’un match à manager, Salle du gaz quai de la Somme, un derby féminin : Amiens Sports/US Cheminots Amiens et je fus heureux de revenir avec une victoire difficile, mais méritée. Ace moment-là, on appelait ce lieu « Salle du gaz » mais les jeunes habitués aux bijoux actuels seraient horrifiés de jouer dans un tel décor : sol de terre battue, murettes bordant de près le terrain et un éclairage « a giorno ».


Je ne voudrais pas non plus oublier la belle aventure de la Coupe UFOLEP en 1959 ou après avoir battu de valeureux adversaires : Les Aubrais, Montluçon chez eux en ½ finale, nous gagnons la finale à Nice devant Tain l’Hermitage, équipe bien sympathique qui disputa chèrement sa chance. Nous avions pas mal de supporters du club, amis et dirigeants, la coupe fût bien fêtée et le retour joyeux.


Il y eu des hauts (montée en Nationale II, grands matches devant Le Mans, etc…) avec un nombreux public, puis la descente en régionale à la suite des départs de : RACINE qui, avec notre accord, trouva une meilleure situation et une plus belle carrière à Tours et DUCELLIER qui ne trouvant pas localement une place, partit à Moulin-Neuf.


La vie continue, les années passent, saison 1976-77, l’USC Amiens repart en Nationale IV avec de bons éléments, il y aura encore cette saison des jeunes à former, nous suivrons nos grands dans leurs matches. Nous aurons plaisir à nous rencontrer car nous sommes toujours animés par cette passion du basket !"

 

 

 

 

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